Photo © Julien de Gasquet
Née le le 19 janvier 1986 à Quimperlé
Numéro siret : 513 283 093 00021
Numéro d’ordre Maison des artistes : LC33808s

Marina Le Gall : Fonctions du vivant

Le petit peuple de Marina Le Gall est vivant, saisi dans une spontanéité inattendue. Ils ne nous regardent pas. Et pour cause, ils n’ont pas d’yeux. Et pourtant, ils nous racontent leur histoire.  Un Renard lit le journal, un Lapin se croit danseur étoile,  des Porcs-épics affolés se protègent de leur boule d’épines, des Poules font leurs coquettes. Renard et Renarde se défient. Qui hurle au loup ? Le grand méchant Loup, peut-être. Et un Ours montre ses dents pour protéger son territoire. 

Ces animaux ne savent pas que nous les regardons. Leur attitude est naturelle comme si nous n’étions pas là. En fait, pas tout à fait, quel renard lit le Canard Enchainé ?  Ils ne sont pas une reproduction naturaliste. Ils sortent de l’imaginaire de Marina La Gall. Ils sont à la fois identifiables et décalés. Et habités d’une intention humaine. L’attitude semble captée en vol, comme un arrêt sur image. Le sentiment humain est à peine évoqué sans insistance et avec humour. Ce sont des personnages de la fable. Ils sont plus proches de La Fontaine que de Buffon. Mais Marina Le Gall n’illustre pas des récits écrits par d’autres, elle invente ses propres histoires. Et c’est pourquoi elle est une artiste. 

Marina La Gall est née en Bretagne, il y a une trentaine d’’années, près de Pont-Aven, au sein d’une famille d’agriculteurs. Elle a passé son enfance au milieu des animaux de la ferme. Elle les connaît bien. Elle comprend leur caractère et leur réactions. Pour elle, les cochons sont plus intelligents que les chiens. Sa mère élevait des volailles. Elle a passé des heures à observer leurs comportements, leur façon de secouer leurs plumes, de chasser les importuns, et de lisser leur plumage. C’est toute la nature qui était à sa portée. Elle suivait son père à la chasse avec des pots de peinture et peignait les animaux tués par son père. Pour elle, c’était une façon de leur rendre hommage. Mais qui d’autre a pensé à ça ? C’est le geste fondateur de l’artiste, mais elle ne le pensait pas comme tel. Elle était portée pas la force de son imagination, son amour de la nature et son goût pour le peinture. 

Elle quitte la Bretagne en 2009 pour suivre les cours des Beaux-Arts de Paris, de 2009 à 2014, dans l’atelier de peinture de Philippe Cognée. Elle fréquente aussi l’atelier de céramique, considérée comme une technique dont elle retire, en effet, un solide savoir faire. Mais, le chef d’atelier, Claude Dumas, ancien assistant de Guiseppe Penone, est aussi un adepte de la liberté des formes. D’autres horizons s’ouvrent à elle. Elle ne perd pas de vue le monde animal. Son mémoire de fin d’études porte sur le renard, qui la fascine par son intelligence,« c’est un animal très malin capable de véritables stratégies pour semer la meute ». 

Marina Le Gall peint. Ses thèmes favoris sont les plantes et les arbres. Ses tableaux sont des gros plans, avec un cadrage serré et des détails hyper réalistes.Elle utilise une gamme de verts acides qui contribuent à l’étrangeté. Elle cite Albrecht Dürer. Et, en effet, on pense aux représentations de lapins ou d’herbes du maître de la Renaissance. Ses céramiques sont des peintures en trois dimensions. Elle est attaché à la pratique de la céramique car elle veut «  garder le lien avec le travail des mains, avec l’objet, avec la facture et avec l’artisanal », ce que Françoise Petrovitch appelle « le plaisir manuel de faire » *. Ses céramiques conservent la trace de modelage et le geste du sculpteur qui nous les rend si proches. 

En peinture ou en céramique, Marina La Gall réalise des portraits et, que ses personnages soient des plantes ou des animaux, elle leur invente une histoire. Parmi les artistes contemporains, elle cite Gilles Aillaud peintre de la Figuration Narrative, révélé par l’exposition Mythologies Quotidiennes au musée d’Art moderne de la ville de Paris  en 1964, en raison de son rapport avec l’animal et sa façon d’analyser les relations des animaux avec l’espace. 

 Marina La Gall crée un univers, elle est portée par un amour de la nature et une imagination sans limite. Elle le dit «  l’animal est un support pour parler d’autre chose ». Elle a trouvé l’écriture qui traduit ses fables. C’est ainsi qu’elle s’est rapidement  distinguée au sein du monde de la céramique et des arts plastiques. Elle a capté l’attention d’ Antonine Caztléflis et de Pierre Passebon qui l’expose à la galerie de Passage et, au-delà de cercles d’artistes et de collectionneurs. 

Bernard Bachelier 

propos recueillis par Henri-François Debailleux dab Céramiques d’artistes Musée Urbain Cabrol 2016

L’œuvre de Marina Le Gall expose la nature. Une nature qui nous apparait sauvage, celle des forêts, des sous-bois ou des animaux qui les peuplent. Dessins et gravures donnent à voir l’enchevêtrement, la densité du végétal. L’animal est peint ou modelé en céramique à la luminosité froide. C’est l’animal chassé par l’homme, d’ailleurs le plus souvent représenté mort. C’est aussi l’animal chasseur, celui qui achève la mise à mort. Quoi qu’il en soit, c’est bien du vivant dont il est question ici. Dans son immédiateté ou sa violence, la nature se dévoile comme un corps vivant. Ce que ces œuvres rendent sensible, c’est une sorte d’élan vital, de force ou de vibration élémentaire. Elles mettent en jeu cet anima, au sens premier du terme, ce souffle vital, qui définit les espèces du règne animal, que ce soit les animaux ou les hommes. Chez Marina Le Gall, l’homme n’est jamais montré, toutefois sa présence est souvent sous jacente. Il a donné la mort à l’animal, il est à l’origine des cheminements ouverts dans la forêt. Mais l’autorité de l’homme sur la nature n’est plus, dans ces œuvres, qu’un signe voir un passage. Si elle marque le spectateur au premier regard, elle est mise en doute. Elle tend à s’effacer au fur et à mesure que le spectateur s’imprègne de l’œuvre. Marina Le Gall amène celui-ci à quitter sa posture anthropocentriste. Aussi perturbant que ce cela puisse être pour lui, le spectateur est conduit au cœur du vivant, à un niveau où il perd sa position élevée de regardeur. Il doit faire l’expérience de la nature comme être, en empathie avec les rythmes du vivant. La nature est ici autant affaire de vérité que d’intériorité.

Texte : Franck Lepin

Formation

2014 — DNSAP aux Beaux Arts de Paris
2013 — échange en Australie au Sydney College of the Arts.
2012 — DNAP aux Beaux Arts de Paris
2008 — Diplôme de concepteur designer graphique, illustrateur (licence),

Expositions / Résidences

2016 — Réalisation d’une oeuvre pour le vent de forêts.

2020 : Participation au salon Collective à Bruxelles avec la galerie Puls
Inside/outside, exposition de peintures au château d’Ancy-le-Franc de mars à novembre La parrure de Gaïa, exposition à la galerie Terra Viva à Saint Quentin-la-Poterie, Présentation de mes animaux au salon Saint-Sulpice Céramique à Paris en octobre Exposition au marché céramique Pays Basque avec la galerie Fabrika Garazi

2019 : Société, soloshow à la galerie Aréa, Paris
Animalia, duoshow avec Marie Rauzy à l’épicerie, Le Lonzac
Présentation de mes animaux en céramique au salon C14 à Paris, lauréate du prix du jury Duoshow avec Cyril Chartier-Poyet à la galerie Puls, Bruxelles

2018 : Exposition personnelle au siège de l’entreprise Vélux, dans le Val -de-Marne.
Résidence atelier Médicis.
Exposition Regard d’artiste sur les prairies aéroportuaires à la maison de l’environnement de Orly. Duo Show avec Agathe Brahami Ferron à la galerie Antonine Catzeflis
Exposition personnelle Anthropocène à la galerie d’art de Créteil

2017 : Installation d’une nuée d’oiseaux en céramique pour l’aéroport d’Orly Exposition personnelle au siège du Crédit Agricole à Montrouge
Exposition collective garder le Cap au siège de la galerie Valérie Delaunay à Paris Exposition Le syndrôme des tourelles au château de Plessis-Trévisse

Décembre 2016/février 2017 : Exposition Céramiques à la galerie Antonine Catzeflis

Juin 2016 — Exposition à la chambre de commerce et d’industrie de l’Essonne dans le cadre de la résidence AME

Avril 2016 — Exposition Écomorphose à l’inatendue galerie.
Depuis octobre 2015 — résidence de céramique Terre d’Ame dans les locaux de la SNECMA à Evry.
Août 2015 — résidence des arts de Montcontour.
Juin 2015 — «Ceci n’est qu’un arbre», exposition collective à la galerie Le 75 à Rouen.
Mai 2015 — «Au commencement», exposition à la galerie du Crous des Beaux Arts de Paris.
Mars/Mai 2015 — Exposition personnelle à la galerie Antonie Catzeflis, Paris 1er.
Mars/Avril 2015 — «Selectives memories», exposition à la Griffin Gallery à Londres.
Janvier /Février 2015 — «Glaner l’éphénère», exposition aux Passerelles de Pontault Combault.
Novembre 2014 — Invitée spéciale par «les artistes français» au salon Art en capitale, au grand palais à Paris, présentations de gravures.
Juillet/Septembre 2014 — Exposition personnelle à la galerie La Base à Paris11.
Juin 2014 — Exposition d’une gravure et de quatre céramiques au CRAC de Champigny-sur-Marne
Novembre 2013 — Exposition de deux gravures sur bois à la biennale de Sarcelles. Lauréate du prix Antalis.
Novembre 2013 — Exposition au salon Poissy talent.
Octobre/Novembre 2013 — Exposition «La Génèse» à la Maison des Ensembles, Paris 12.
Juin 2013 — Exposition au DedSpace avec Anne-Claire Joseph à Sydney.
Février 2013 — Exposition à la galerie «le 75» à Rouen.
Septembre 2012 — Exposition au salon du dessin de Nime.

Bourses

Février 2015 — Lauréate du prix jeunes créateurs
Décembre 2014 — Lauréate de la bourse de la ville de Paris
Novembre 2013 — Lauréate du prix Antalys.
2012 — Bourse Colin-Le Franc